Rentrée 2026 : une formation professionnelle sous contraintes… et sous plafonds
Chaque début d’année a son lot d’annonces, de promesses et d’incertitudes. Encore plus quand on travaille dans le secteur de la formation professionnelle.
Toutefois, cette rentrée 2026 a une saveur particulière, bien plus instable que tout ce que j’ai pu connaitre en 15 ans dans le secteur.
Un parfum de 49.3, de lignes budgétaires sous tension, et surtout cette impression familière dans la formation professionnelle :
on doit avancer… sans avoir encore toutes les règles du jeu.
Pourtant, certaines mesures sur le financement sont déjà concrètes, ne dépendant pas nécessairement du budget 2026.
D’autres sont annoncées, évoquées, fortement pressenties même si « pas encore votées », même si l’échéance se rapproche fortement
Nous avons évoqué ce sujet au cours d’un Webinaire organisé avec Pascale LAGAHE le 22 janvier dernier.
Je vous propose une petite synthèse dans cet article ci-dessous.
À prendre avec toutes les précautions nécessaires.
Le CPF (encore) sous tension
Ce qui est désormais acté
- Reste à charge revalorisé :
103,20 € depuis le 1er janvier 2026 (indexé sur l’inflation) - CPF coconstruit facilité (décret du 03/12/2025) :
- priorité donnée aux abondements employeurs
- remboursement possible sous conditions
- suivi via l’espace employeur (EDEF)
Ce qui est désormais quasi certain
Les dernières versions du projet de loi qui fera l’objet d’un 49.3 lèvent peu à peu le doute.
L’article 81 du volet dépenses du budget 2026 acte le principe d’un plafonnement du CPF, renvoyé à des décrets d’application.
Sont concernés :
- certifications au Répertoire Spécifique (hors CléA)
- bilan de compétences
- permis B
La VAE, un temps évoquée, ne serait finalement pas concernée.
Concernant le permis B : l’éligibilité sera limitée aux demandeurs d’emploi ou aux actifs avec cofinancement (employeurs, France Travail…).
Si le texte est adopté via le 49.3 et que la motion de censure est rejetée, une adoption dès début février est envisageable, sous réserve des décrets.
Alternance : des arbitrages assumés… et d’autres en attente
Ce qui est actif
- Aide à l’embauche de 5 000 € réservée aux entreprises de moins de 250 salariés
(niveaux 3 et 4) - Revalorisation des barèmes : +1,18 %
Ce qui n’est pas encore tranché
- Fin des exonérations salariales pour les apprentis (seuil actuellement à 50 % du SMIC)
- Suppression de l’aide de 500 € au permis B (amendement gouvernemental du 23 janvier)
Autres financements : une stabilité relative, sans euphorie
Hors CPF et alternance, le paysage est plus calme. Pas d’euphorie, ni de dépenses incontrôlées, mais relativement lisible.
Les financements France Compétences sont maintenus, avec une stabilité ou une légère baisse :
-
PDC : 521 M€
-
PTP : 435 M€
-
CEP : 110 M€
Le FSE+ reste mobilisable jusqu’à fin juin 2026, principalement sur les projets liés à la transition numérique ou écologique.
La période de reconversion, qui remplace la PRO-A depuis le 1er janvier 2026, est bien posée dans les textes
(CDD de 6 à 12 mois, formations certifiantes de 150 à 450 heures…),
mais son financement reste suspendu aux décrets d’application.
Là encore, le cadre existe. Les détails, eux, attendent.
Ce qu’on peut en retenir (sans boule de cristal)
Moins d’automatismes
Plus de conditions
Une formation professionnelle pilotée sous contrainte budgétaire
Le débat n’est donc pas seulement « qu’est-ce qui change ? » mais bien « comment continuer à faire bien, dans un cadre qui n’a pas fini de bouger ».
L’article Financements 2026 : des formations RS bientôt plafonnées est apparu en premier sur Digiformag.
